Nous vous présenterons tout d'abord ici

les différentes armes chinoises,

puis dans les sous onglets

celles utilisées et enseignées dans le club:

l'épée

et l'éventail

 

LES ARMES CHINOISES

On suppose que les premières armes seraient de simples branches épointées (des armes longues donc), ce qui explique que le bâton, Gun,  soit appelé « mère de toutes les armes ».
Long ou court, simple ou double, il est encore très pratiqué, surtout dans la Chine du Sud et en Malaisie. Avec l’utilisation du silex et du jade, les armes se perfectionnèrent. Puis les armes de cuivre et de bronze virent le jour (dyn.Zhou). Or, même lorsqu'elles étaient dépassées par l’évolution des stratégies militaires et des matériaux, on a continué à produire les « vieilles » armes qui ont même perduré longtemps dans l’équipement de base des troupes chinoises! En 1937, le Commandant Le Prieur, un observateur français, notait que le maniement de la hallebarde de Guan (Guan Dao) faisait partie des épreuves imposées aux élèves officiers (Il indiquait d’ailleurs aussi que faute de munitions, c’était le groupe qui criait le plus fort « Pao » (Boum !) qui marquait le point dans les batailles simulées…). Ce respect de la tradition explique donc la richesse de la panoplie des armes chinoises.
Dans un souci de clarification, de nombreuses classifications  différentes selon les périodes ou /et les écoles ont été proposées qui possèdent leur logique propre.
La plus connue et la plus utilisée est celle de Maître Pai Yu Feng (XIIème siècle), Patriarche du Temple de Shaolin. C’est la classification des 5 mouvements ou 5 éléments (Wu Qi Wu Fa) : 

La grande hallebarde, Guan Dao, correspond au Bois (est, printemps…), au Tigre. Le travail avec  cette arme – lourde- renforce les muscles et les tendons… et le Foie.
L’épée droite à double tranchant, Jian, correspond au Feu, au Phénix (sud, été…). L’énergie du Cœur est favorisée, son maniement favorise la circulation sanguine.
Le bâton long, Gun, est lié à la Terre (centre, cinquième saison…), à l’Ours. Ses techniques permettent la régulation de l’équilibre général et renforcent la Rate.
Le sabre à un tranchant, Da Dao, correspond au Métal (ouest, automne…), au Héron. Son maniement rapide favorise le Poumon, le travail sur le souffle…
La lance, Qiang, est liée à l’Eau (nord, hiver…) au Singe ou au Serpent. Os et articulations sont renforcés, le rein est favorisé.
Il existe aussi la classification des « 18 armes principales », correspondant aux « 18 Arhats de Lohan » qui sont les disciples du Bouddha. Une autre classification dénombre 365 armes et chacune y trouve sa place, que ce soit l’éventail de fer (Tie Shan), la lance serpentine (She Qiang), la griffe volante, le tambourin à lames, l’aiguille tournante du mont Emei, les cymbales hurlantes, ou le parapluie (arme normande par excellence), ou encore le… banc d’auberge ( ??!). Bref, la moindre paire de baguettes devient une arme en des mains expertes…

Selon la théorie du « chaque chose à sa place », l’épée était réservée aux nobles, dignitaires impériaux, officiers de haut rang (certaines sont de véritables œuvres d’arts et n’ont pas dû croiser le fer bien souvent). La taille de l’épée, les ornements de poignée ou de fourreau, la couleur des attaches, la hauteur de suspension à la ceinture étaient codifiés. La grande hallebarde ne pouvait être portée que par les officiers de la garde impériale ou les « Généraux Tigres » des corps de cavalerie. Le bâton était attribué aux « bâtonniers » ( !?) magistrats et officiers de police. Le sabre revenait aux militaires, la lance aux gardes des villes et des palais.
Pour tous les autres, les objets les plus courants servaient d’armes : les religieux se servaient de … pelles (Chan) qu’ils utilisaient pour creuser les tombes (le « deux en un » quoi !), ils maniaient aussi à ravir les bâtons à anneaux qui faisaient fuir les insectes afin de ne pas les écraser, les sceptres figurant les mudras (Fu Shou), les maillets (Shuai) à faire retentir les cloches, les anneaux de prière (Fou Shou Shuan)…
Les paysans faisaient « feu » de tout instrument agraire : râteau (Ba), houe (Ba Dao), fourche à trois dents (Char), plantoir (Gen), faucille (Lian en photo), fléau (Gieh)… On retrouve l’utilisation du même attirail à Okinawa, groupe d’îles japonaises longtemps sous influence chinoise (le nunchaku est un Gieh, le Saï est le Gen…).

Et ceux qui ont lu quelques romans de Van Gulik, savent que sous la dynastie des Tang, les femmes qui évoluaient dans les milieux à risques, chanteuses, courtisanes, prostituées, apprenaient à frapper les importuns avec leurs longues manches lestées avec des œufs de fer. Un seul coup, bien placé, les libérait des admirateurs trop empressés...Discrétion et efficacité assurées! Il existait aussi dans la panoplie vestimentaire des écharpes plombées, armes insoupçonnables, souvent utilisées par les tueurs à gages chinois. D'un mouvement sec, ils étaient capables de broyer la gorge d'un adversaire. Une codification de ces techniques apparaît dans le Sun Bin Quan, la boxe du "boxe du Général Sun Bin" (380-316 av J-C), dont les trois premiers enchaînements sont connus sous le nom de "boxe des longues manches"(Chang Xiu Quan), est apparue à partir de la dynastie des Qing. Elle est décrite dans son « Art de la guerre » dont on a retrouvé en avril 1972 la transcription sur des lamelles de bambous dans un tombeau des han de l'Ouest à Yinqueshan, dans la province du Shandong, province dans laquelle cette boxe est restée très populaire jusqu’à nos jours.

Depuis nos pratiques se sont pacifiées dans des enchainements codifiés … Il est cependant intéressant de se rendre compte que l’efficacité d’une arme n’est pas dans la forme de l’arme elle-même : tout objet peut être détourné de son utilisation première et se transformer en arme. Esprit, Energie et Corps unis en feront l’efficacité.